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HISTORIQUE
DU DEVELOPPEMENT DURABLE Si le terme de « développement durable »
est récent, certaines idées que sous-tend la notion de développement durable
ont été évoquées par de nombreuses personnes au cours de notre histoire. Le
Chef indien Seattle, pour ne citer que lui, a traduit l’idée de la préservation
de la terre en ces termes : « Nous n’héritons pas la terre de
nos ancêtres, nous l’empruntons seulement à nos enfants ». Dans ce bref historique du développement durable, sept
dates clés sont évoquées. 1970 En
1970, le Club de Rome publie le rapport Halte à la croissance, dans
lequel les auteurs évoquent la forte croissance économique des pays riches et
l’accroissement démographique que connaît la planète. Les conséquences de
ce phénomène sont l’épuisement des ressources naturelles et
l’augmentation des pollutions. Le rapport suggère à la fois de tendre vers
une croissance nulle dans les pays industrialisés et de limiter
l’accroissement de la population. Ces positions sont vivement critiquées,
mais elles permettent d’alimenter un débat sur les liens entre développement
économique et protection de l’environnement, et in fine sur les idées que
sous-tend un développement plus durable. 1972
L’organisation de la conférence des Nations unies de Stockholm est
confiée à une équipe de chercheurs dirigée par Maurice STRONG. L’objectif
est d’examiner les liens entre environnement et développement. En fait, la
conférence de Stockholm aborde essentiellement les questions d’environnement
et se préoccupe peu des questions de développement. Cependant, Ignacy SACHS,
l’un des principaux acteurs de cette conférence, met en lumière le concept
d’éco-développement, qui comporte cinq dimensions : économique,
sociale, environnementale, culturelle et politique. Cette approche novatrice
inspirera par la suite les chercheurs qui se pencheront sur la question du développement
durable. 1980
Le terme de développement durable est utilisé pour la première fois,
en 1980, par l’UICN - Union Internationale
de la Conservation de la Nature – dans son rapport Stratégie
mondiale de la conservation. Les
effets sur l’environnement des politiques économiques débridées se font déjà
cruellement sentir. Il devient urgent d’envisager de nouvelles approches. Des
experts du monde entier, commandités par l’ONU, étudient la notion de développement
durable. 1987
Ces experts publient le rapport Our common future (Notre avenir
à tous), dit Rapport Bruntland (du nom de Mme Gro Harlem Bruntland,
1er ministre de Norvège et présidente de la Commission
Mondiale pour l’Environnement et le Développement). Ce rapport propose
une définition du développement durable : « Un
développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité
des générations futures à répondre aux leurs ». 1992
En juin 1992, vingt ans après le rendez-vous de Stockholm, la conférence
de Rio, en juin 1992, réunit des représentants de 178 pays, dont 140 chefs
d’Etat et de gouvernement. Cette réunion permet de mettre en évidence les
liens étroits qui lient environnement et développement.
Plusieurs textes sont élaborés : -
la Déclaration
de Rio sur l’environnement et le développement, qui comporte 27 articles. -
l’Action 21
(dénommée aussi Agenda 21 ou programme d’actions pour le XXIe siècle),
qui est une déclaration de propositions, non contraignantes, mais faisant
autorité. L’Agenda 21 précise les responsabilités qui
incombent à chaque Etat et à chaque acteur de la société civile dans
l’application du développement durable. -
deux
conventions sur la biodiversité et sur les changements climatiques. -
deux déclarations :
sur les forêts et sur la désertification (quelques années plus tard, une
convention sur la désertification sera adoptée). 1994 Le
Sommet Mondial pour le développement social se tient à Copenhague en 1984. Il
met en lumière un aspect peu traité lors de la conférence de Rio, celui de la
pauvreté et de l’exclusion sociale, dans une perspective de développement
durable. 2002 L’Organisation
des Nations unies organise une conférence internationale consacrée au développement
durable, du 26 août au 4 septembre à Johannesburg, Afrique du Sud. 110 chefs
d’Etat et 60.000 personnes y participent. Aux cotés des représentants des délégations
officielles et des ONG, on trouve des élus des collectivités locales et
territoriales, des responsables d’entreprises, des militants d’organisations
populaires... Deux
documents majeurs sont adoptés lors de la conférence : une déclaration
politique et un plan d’action. Des programmes d’action sont signés entre
divers partenaires : gouvernements, entreprises, ONG…
Manifestation de représentants d'ONG lors du Sommet Mondial pour dénoncer les faibles résultats obtenus. Photo : Claude Suzanon. Mais
globalement les résultats du Sommet sont décevants. Cela s’explique par les
positions intransigeantes des Etats-Unis sur de nombreux sujets, le refus des
pays industrialisés de dégager des moyens financiers supplémentaires pour
lutter contre la pauvreté dans les pays du Sud, ainsi que par les intérêts
divergents des pays en développement.
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