Accueil Remonter Contactez-nous Recherche           

Enjeux

 

LES ENJEUX DU DEVELOPPEMENT DURABLE

 

Un développement qui se veut "durable" se doit de prendre en compte la solidarité dans le temps et la solidarité dans l'espace.

Solidarité dans le temps : les politiques mises en œuvre doivent préserver l'avenir des générations futures. Le chef indien Seattle l'exprimait en ces termes : "Nous n'héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons seulement à nos enfants". L'épuisement des ressources naturelles, l'avancée de la désertification ou la pollution excessive de l'air et de l'eau, sont autant de sources d'inquiétude pour ceux qui voudraient léguer une terre « vivable » aux prochaines générations. Onze millions d'hectares de forêts tropicales sont détruites chaque année, 25 % des espèces végétales et animales auront disparu dans trente ans, 350 millions de tonnes de déchets dangereux sont produits chaque année... Aussi toute action locale, toute politique de développement devrait intégrer ce souci de solidarité dans le temps.

Solidarité dans l'espace : la satisfaction des besoins essentiels de l'ensemble des habitants de la planète, et notamment ceux des populations des pays du Sud, constitue une priorité. Près de 2 milliards d'êtres humains ne mangent pas à leur faim, 1,2 milliard n'ont pas accès à l'eau potable, 800 millions de personnes sont au chômage ou sous-employées… Dans toutes les régions du monde, les inégalités sociales se creusent. A cause de la pauvreté, les ruraux migrent vers les villes, qui abriteront bientôt près de la moitié de la population mondiale. La lutte contre la pauvreté et l'instauration d'échanges Nord-Sud plus équitables sont deux composantes essentielles du développement durable.

L'établissement de nouveaux rapports entre pays du Nord et pays du Sud ne relève pas de la simple éthique ; il est de notre intérêt d'agir pour une société plus égalitaire. En l'an 2025, 85% de la population mondiale vivra dans les pays du Sud. La satisfaction des besoins essentiels de cette population nécessitera une coopération internationale accrue : les pays du Sud seront les principaux clients des entreprises du Nord. Mais de nouvelles politiques de développement doivent être inventées. Les « modèles » du Nord ont fait faillite : en effet, la naissance d'un enfant aux Etats-Unis pose autant de problèmes écologiques et énergétiques que la naissance de 10 Sud-Américains ou de 10 Asiatiques ou bien encore de 23 Africains.

En associant la recherche de la justice sociale, à une croissance économique viable, à la préservation de l'environnement et au respect des cultures, le développement durable offre des perspectives sans précédent. Toute société, toute entité publique ou privée, tout pays peut s'inspirer, dans la mise en œuvre de ses programmes, des principes du développement durable. C'est une démarche exigeante et ambitieuse, mais qui débouche sur des résultats importants.

Les expériences de développement durable les plus remarquables sont conduites dans les pays du Sud, il en est ainsi des villes de Curitiba, de Porto Alegre ou bien encore de l'Etat de l'Amapa au Brésil ou de celui du Kérala en Inde. Les populations du Sud auraient-elles perçu avant nous l'urgence de ne pas maintenir des modes de développement qui conduisent la planète à sa fin ? C'est probable lorsque l'on voit le faible nombre d'Agendas 21 élaborés en France ou de démarches de développement durable.

La conception et la mise en œuvre de ces Agendas se heurtent à de nombreux obstacles : absence d'une vision des enjeux mondiaux actuels, persistance des modèles de développement dominants, influence des modes de consommation nord-américains, insuffisance de volonté politique, faible engagement des populations, manque d’information des acteurs… Cependant, des expériences se développent dans plusieurs régions (Nord Pas-de-Calais, Midi Pyrénées, Guyane, La Réunion, Ile de France…). Mais trop souvent le développement durable n’est qu’une formule utilisée à des fins de communication et non un axe fort d’une politique territoriale.

Le développement durable présente trois exigences : une exigence de formation permanente sur les évolutions de notre monde, une exigence d'implication des citoyens dans la définition des programmes à conduire, et une exigence de solidarité dans le temps et dans l'espace.

De plus, le développement durable fait appel à la pédagogie : il s’agit de convaincre toute personne, tout acteur de la nécessité de construire de nouvelles formes d'organisation et de développement ; c’est une condition indispensable pour atteindre des objectifs ambitieux. En effet, chacun peut apporter sa contribution, même modeste, à la réalisation de ces objectifs.

Jaime Lerner, ancien maire de Curitiba, présente ainsi cette dimension fondamentale en ces termes : "Quand le citoyen voit les problèmes exposés à la télévision, à la radio ou dans les journaux, il se sent comme un malade en phase terminale. En effet, comment pourrait-il intervenir dans ce processus mondial alors qu'il ne sait pas ce qu'il pourrait faire. Il faudrait être un grand héros pour traiter individuellement des problèmes d'environnement mondiaux. En fait, je pense que chacun d'entre nous devrait réaliser que l'action locale contribue à une transformation globale du monde".

Le développement durable requiert de nouvelles formes de participation de la société civile. Chaque acteur peut en effet contribuer à faire avancer la réflexion et imaginer des actions innovantes. Il reste que l’organisation du débat public et la création d’espaces de dialogue sont difficiles à mettre en œuvre.  

 

   

Envoyez un courrier électronique à benoit.theau@igapura.org pour toute question ou remarque concernant ce site Web.
Dernière modification : 25 octobre 2010.