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Texte - légendes

 

LA SAGESSE DES ASHANINKA

 

L’État de l’Acre au Brésil se situe dans la forêt amazonienne. Il compte 614.000 habitants, dont 20.000 sont des Amérindiens.

Dans le cadre de sa politique de développement durable, le gouvernement de l’Acre a mené des actions en faveur des peuples amérindiens : reconnaissance de droits fonciers, protection contre toute agression, mise en place de structures éducatives et sanitaires.

Les peuples les plus préservés vivent dans les endroits les plus reculés. C’est le cas des Ashaninka, qui sont installés le long de la rivière Amônia, à trente kilomètres de la frontière avec le Pérou. Cette communauté a fui le Pérou en raison de l’activité intense des exploitants forestiers. Elle s’est installée dans cette région du Brésil, où les conflits avec d’autres exploitants ont été meurtriers. Cependant, à force de lutter, les Ashaninka ont obtenu la reconnaissance de leur territoire en 1988. Celui-ci a une superficie de 87.250 hectares ; 450 personnes y vivent.

Les Ashaninka ont su préserver leur mode de vie traditionnel. Ils tirent leur subsistance de la pêche, de la chasse, de la culture du riz et du manioc. Ils cultivent aussi le coton, qui sert à tisser leurs vêtements. La commercialisation d’un artisanat fort diversifié et la vente de quelques produits collectés dans la forêt leur procurent de maigres revenus monétaires.

Les Ashaninka ont lancé des initiatives qui contribuent au développement durable de la région : cultures itinérantes, projet d’agroforesterie, élevage de tortues par exemple.

Le projet de la communauté est un modèle pour les autres populations qui vivent de l’élevage ou de la culture de produits vivriers, mais qui utilisent des techniques assez destructrices pour le milieu forestier amazonien.

 

Photo 01

En forêt amazonienne, la pirogue est le principal moyen de déplacement.

A partir de Tumaturgo, la plus importante localité au sud-ouest de l’État de l’Acre, il faut trois jours en pirogue pour atteindre le lieu où vit la communauté ashaninka.

 

Photo 02

Retour de la forêt.

Les Ashaninka vivent en groupes disséminés sur le territoire qui leur est attribué.

 

Photo 03

Les habitations sont construites sur des terrains qui surplombent la rivière.

On distingue, sur la droite de la photo, un espace attribué à la cuisine. Au second plan, à gauche, l’habitation principale.

 

Photo 04

Fillette ashaninka dans l’espace réservé à la cuisine.

Les familles possèdent quelques ustensiles pour la cuisson du riz et du manioc qui constituent l’alimentation de base. A cette nourriture s’ajoutent les produits de la pêche et de la chasse.

 

Photo 05

Femme ashaninka.

Les Ashaninka fabriquent leurs vêtements avec du coton cultivé sur place.

 

Photo 06

Groupe de femmes et d’enfants.

L’habitation principale des Ashaninka est constituée d’un plancher surélevé, recouvert d’un toit. Les matériaux de construction proviennent de la forêt.

 

Photo 07

Groupe d’enfants.

La communauté dispose d’une école. Les enfants la fréquentent pendant cinq ans. Un membre de la communauté se charge de l’enseignement. Il utilise surtout la langue ashaninka.

 

Photo 08

Fillette ashaninka.

Les enfants ne souhaitent pas quitter leur communauté. La très grande majorité des jeunes ne poursuivent pas leurs études après l’école primaire.

Les Ashaninka constituent un groupe uni et très solidaire.

 

Photo 09

Jeunes filles transportant des tubercules de manioc.

Le transport des produits cultivés, depuis la forêt jusqu’à la maison, est dévolu aux femmes.

 

Photo 10

Jeunes filles servant la boisson traditionnelle des Ashaninka.

Cette boisson, légèrement fermentée, est à base de manioc.

Elle est consommée tout au long de la journée, pendant les travaux de culture, lors du repos, et à l’occasion des fêtes.

 

Photo 11

Vue de la cuisine qui donne sur la rivière en contrebas.

Les Ashaninka vivent dans un environnement naturel exceptionnel. Certains animaux de la forêt, comme ici un singe, s’approchent des habitations.

 

Photo 12

Benke, le chaman des Ashaninka.

Ce jeune chaman joue un rôle important pour la communauté. Il est à la fois le détenteur des savoirs traditionnels des Ashaninka (notamment en ce qui concerne la pharmacopée) et l’animateur du projet de développement durable mis en œuvre par la communauté.

 

Photo 13

Homme en train d’abattre un arbre à la hache.

Les Ashaninka pratiquent la culture itinérante sur brulis. Un terrain est exploité pendant cinq ou six ans, puis laissé en jachère afin de laisser la terre retrouver sa fertilité. Cette pratique permet de préserver l’écosystème forestier.

 

Photo 14

Le chef et un autre notable de la communauté visitent un terrain défriché et brûlé, qui sera cultivé prochainement.

Le travail est communautaire et s’effectue sur les parcelles des différentes familles. Seulement 0,5 % de la surface totale du territoire des Ashaninka est dévolu aux cultures vivrières et au coton.

 

Photo 15

Benke, le chaman, est aussi technicien en agroforesterie.

La communauté a développé un projet d’agroforesterie sur une surface de 30 hectares. 70000 plants, de 146 espèces différentes ont été plantés : arbres fruitiers, arbres de fruits particuliers de la région ou bien encore arbres qui sont exploités pour le bois d’œuvre. Ce projet contribue à la préservation de la biodiversité.

 

Photo 16

Benke, le chef et un notable autour d’une ruche.

Les Ashaninka envisagent de développer l’apiculture pour obtenir un miel de très grande qualité.

Les Ashaninka collectent aussi plusieurs produits de la forêt : en particulier les fruits du murmuru, qui servent à faire du savon, et diverses graines qu’ils utilisent pour confectionner, notamment, de magnifiques colliers.

 

Photo 17

Benke déplaçant deux tortues.

Il existe des chasseurs de tortues qui les mangent ou en font le commerce. Aussi le nombre de ces animaux, dans la forêt et dans la rivière, a-t-il considérablement diminué. Il y a deux ans, les Ashaninka ont commencé à en faire l’élevage. Les jeunes tortues sont relâchées dans la nature. C’est une première expérience pour restaurer la faune.

 

Photo 18

Fillette ashaninka.

Les enfants devront eux aussi transmettre plus tard l’art de vivre et la richesse culturelle du peuple ashaninka.

 

Photo 19

Groupe d’enfants près d’un hamac.

Chaque soir, à la tombée de la nuit, adultes et enfants se rassemblent par groupe pour chanter, faire de la musique et rappeler l’histoire de la communauté.

 

Photo 20

Fillette.

Selon Benke, l’action conduite permettra de préserver l’environnement pour les générations futures. « Nous voulons que le projet de notre communauté serve de modèle non seulement pour toute la région, mais encore pour l’État, le Brésil et même le monde entier. (…) Nous voulons protéger la nature, préserver la biodiversité, assurer l’alimentation des familles et préserver la qualité de vie ».

Envoyez un courrier électronique à benoit.theau@igapura.org pour toute question ou remarque concernant ce site Web.
Dernière modification : 25 octobre 2010.